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catégorie histoireHistoire de Riedwihr

Un site fortifié à proximité de RIEDWIHR ?

Un champ près du château (zuhet uf die burg) est mentionné à Riedwihr en 1316.
Un censier de 1472 cite à Riedwihr ein gartten im dorff nebent der burckgassen; item ein bletz hinabbaß [= plus loin] nebent dem burghofe, ce qui semble conforter cette hypothèse.
Enfin,  en 1394 et 1420, les Girsberg ont en fief wurtembergeois la motte (buhel) de Riedwihr avec le bois et les prés voisins.
En 1472, le même ensemble (ici burgbuehel) est baillé aux zum Rust, qui en 1491 possèdent le bois dit das Lehe ou Lohe, dépendant du burgbuechel zu Rietwiler, au ban de Jebsheim.

Or H. Zumstein (sur la carte au 20 000e du musée archéologique de Strasbourg) et Ch. Bonnet (Gallia 48.1991, 14-15, avec carte) indiquent une motte à 200m au SE de l'église de Riedwihr, sur la rive droite de la Blind (sur le ban de Jebsheim), juste au nord du pont. Elle figure sur une carte du XVIIIème siècle, mais a été nivelée lors du remembrement.
Aujourd'hui, on trouve des matériaux de construction dans le sol à son emplacement. Rien au cadastre de Jebsheim, mais sur celui de Riedwihr les terres entre l'église et la Blind (donc juste en face de la motte) s'appellent Burggarten.

On peut donc supposer qu'au Moyen Age la motte était entre deux bras de la Blind, et sa basse-cour (le burghof de 1472) sur la rive gauche.
Par ailleurs, la carte du musée signale une 2e motte à 450 m à l'Est-Nord-Est de l'église de Riedwihr, mais M. Bonnet (merci !), probablement avec raison, y voit plutôt un tertre funéraire, car il était haut de 0,6 m seulement, et sans fossé. Lui aussi a été rasé.

Source : ALSATIA MUNITA
Répertoire critique des sites fortifiés de l'Ancienne Alsace du 10e siècle à la Guerre de Trente Ans
par Bernhard METZ

Les tertres de Riedwihr-Colmar

Inclus dans le ban de Colmar mais situés à proximité et au Nord de Riedwihr, ces tertres sont implantés à l’extrémité Sud de la série de nécropoles tumulaires du Ried Centre Alsace longeant la  Blind et la Zembs.

carte situation tertres

Il s’agit d’un groupe de trois buttes sont seules deux sont de véritables tertres, car après la fouille, il s’avère que le troisième n’est qu’une simple accumulation de terre d’époque récente recouvrant un chemin Nord-Sud lié à un système de fossés en arêtes de poisson. Il s’agit d’un aménagement local de drainage comme il en figure sur le « Messtischblatt » Guémar (carte allemande d’avant 1914) en plusieurs endroits proches. Celui situé près de nos tertres a dû être désaffecté lors de la construction de la route de Riedwih-Illhausern (deuxième moitié du XIXe siècle) accompagnée d’un nouveau système de fossés. En conséquence il ne reste plus que deux tertres authentiques dont l’un (n°2 ) est partiellement entamé par la route et le fossé qui la borde. Menacés à brève échéance par les labours, ces deux tertres ont été fouillés de 1984 à 1989 par l’équipe archéologique de Colmar.

carte detail tertres


Le tertre 1

Edifié sur un substrat de graviers rhénans, il s’agit d’un grand tertre très étalé de 36m de diamètre environ pour une hauteur n’excédant pas 55cm, construit quasi exclusivement grâce à la terre noire argileuse du Ried environnant.

Organisation interne et rites funéraires :

Le tertre recouvre un fossé circulaire de 19m de diamètre pour une profondeur de 0,50m, ouvert à l’Est-Sud-Est.

A l’intérieur de l’aire délimitée par le fossé, le tertre a livré les restes de 27 sépultures à inhumation, de nombreux vestiges isolés (os humains, faune, céramique…) et de toute une série de tombes périphériques disposées en couronnes concentriques au fossé.

L’organisation du tertre est remarquable. La disposition des sépultures semble obéir à certaines règles. Elles ménagent un double espace « réservé » dont sont exclus les tombes : le premier d’environ 2 m de large est concentrique au fossé, le second occupe le 1/3  Ouest de l’enceinte délimitée par le à l’emplacement de la fosse « cultuelle ».Cette fosse, assez énigmatique, pourrait suggérer in puits, ancêtre de ceux qui caractérisent les enclos laténiens de type Viereckschante.

La fouille fine des sépultures à permis de prouver de manière formelle l’existence pour la plupart de sépultures de cercueils en bois, généralement assez larges et de grande taille constitués de planches assemblées, même si au moins une inhumation en pleine terre coexiste.

La grande majorité des sujets inhumés repose en décubitus dorsal. L’étude anthropologique, malheureusement en partie biaisée par ma mauvaise conservation des restes humains montre une répartition équilibrée entres les sexes et une forte sous-représentation des enfants si l’on tient compte des données actuelles concernant la mortalité infantile des « populations anciennes ».

Le mobilier :

Certaines caractéristiques sont propres aux deux tertres : la proportions de tombes dépourvues de mobilIer (plus de 50%) et le grand nombres de céramiques (fait intéressant, car rarement attesté dans les sépultures contemporaines d’Alsace). De même, d’une façon globale, presque toutes les tombes sont relativement pauvres dans la mesure où elles ne possèdent pas plus de deux types d’objets différents ; dans la forêt de Haguenau, les tombes hallstatiennes riches contiennent de 5 à 8 types d’objets différents. Mais l’examen du matériel métallique, révélant la présence d’objets rares prouve que cette pauvreté n’est q’apparente.

Pour le tertre 1, parmi les parures en bronze, citons des boucles d’oreilles composées de deux hémisphères accolés ornés de cercle concentriques et une fibule à navicelle à arc gravé, parmi les objets en fer, un grand rasoir en forme de croissant, 4 pointe de flèche, et surtout un poignard à antennes évoluées, dans un remarquable fourreau de filets verticaux, arme de parade signalant la tombe d’un personnage éminent. Deux paires de bracelets en lignite et un bracelet de bronze fermé, appartenant par contre à des types fréquents régionalement, complètent l’inventaire du mobilier retrouvé dans le tertre. Les comparaisons typologiques permettent de placer le tertre 1 de Riedwihr d’avantage dans l’orbite des groupes d’Allemagne du Sud-Ouest que dans celle de Haguenau.

La tombe centrale à poignard est bien datée de la fin du Hallstatt D1, vers 550 avant notre ère. La plupart des autres sépultures datées par des objets métalliques appartiennent à cette même période. Deux tombes périphériques sont datées du Hallstatt D2 (500-480), l’une par un fragment de bronze appartenant à un ressort de fibule de type arbalète, l’autre par des poteries déjà prochEs des modèles de la Tène. La durée d’utilisation du tertre est donc relativement courte (maximum 3 générations).


Le tertre 2 :

Assis sur une remonté de gravier du substrat, le tertre 2 a été édifié quant à lui par des apports de matériaux différents souvent non mélangés (sol noir du Ried et graviers de teint claire).

Il s’agit d’un tertre plus petit que le précédent de 25 à 30cm de diamètre pour une hauteur n’excédant pas 0,45m.

Organisation interne et rites funéraires :

Edifié au Chalcolitique/Bronze ancien puis réutilisé successivement au Bronze moyen puis à la période hallstatienne et à la Tène, ce tertre recouvre 2 fossés circulaires grossièrement concentriques :

  • le plus petit, ouvert à l’Est mesure 10m de diamètre pour une largeur moyenne de 0,40m.
  • le second, détruit dans son quart Est par la route moderne, à un diamètre de 17m pour une largeur d’environ 0,70m.

Il a livré les restes de 21 sépultures toutes situées à l’intérieur de l’aire délimitée par les deux fossés. Contrairement à l’organisation rigoureuse du tertre précédent, la disposition des sépultures paraît plus désordonnée même si la plupart d’entre elles restent disposées concentriquement aux fossés.

Mais l’intérêt essentiel du tertre réside en la mise en évidence, grâce à des conditions géologiques particulièrement favorables (apport de graviers) de structures périssables complexes. En effet, et c’était tout particulièrement visible pour le petit, les fossés ont servi à asseoir une structure verticale en bois constituée par un assemblage de planches horizontales dont la juxtaposition leur donne un tracé polygonal fait de tronçons rectilignes.

La stratigraphie prouve que le coté intérieur de cette structure en bois était rempli de terre, conférant à la hauteur de base du tertre une allure cylindrique ; la hauteur de ce mur vertical reste à estimer. D’après une prépublication sommaire il semblerait que des structures analogues dénommées « podium » par les archéologues allemands, aient été mise en évidence récemment en Allemagne du Sud-Est.

Le mobilier :

Ce tertre dont l’utilisation se poursuit jusqu’à la Tène ancienne, ne contenait pas d’objets aussi prestigieux que le poignard mais il possédait aussi une tombe à rasoir en fer. Parmi les parures, les bracelets en lignite sont largement représentés. Deux bracelets en tôle de bronze, décorés de motifs géométriques gravés appartiennent à un type caractéristique de la vallée du Rhin Supérieur entre Colmar et Bâle ; Enfin une agrafe de ceinture (en cuir recouverte de minuscules clous de bronze) de forme losangique correspond à un type bien connu en Suisse Du Nord.

L’ensemble de ce matériel hallstatien confirme donc l’appartenance culturelle de la nécropole au domaine d’Allemagne du Sud-Est.

Source : ??? pages 78 à 80
par Charles BONNET, Suzanne PLOUIN, François LAMBACH

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