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Le tertre 1

Edifié sur un substrat de graviers rhénans, il s’agit d’un grand tertre très étalé de 36m de diamètre environ pour une hauteur n’excédant pas 55cm, construit quasi exclusivement grâce à la terre noire argileuse du Ried environnant.

Organisation interne et rites funéraires :

Le tertre recouvre un fossé circulaire de 19m de diamètre pour une profondeur de 0,50m, ouvert à l’Est-Sud-Est.

A l’intérieur de l’aire délimitée par le fossé, le tertre a livré les restes de 27 sépultures à inhumation, de nombreux vestiges isolés (os humains, faune, céramique…) et de toute une série de tombes périphériques disposées en couronnes concentriques au fossé.

L’organisation du tertre est remarquable. La disposition des sépultures semble obéir à certaines règles. Elles ménagent un double espace « réservé » dont sont exclus les tombes : le premier d’environ 2 m de large est concentrique au fossé, le second occupe le 1/3  Ouest de l’enceinte délimitée par le à l’emplacement de la fosse « cultuelle ».Cette fosse, assez énigmatique, pourrait suggérer in puits, ancêtre de ceux qui caractérisent les enclos laténiens de type Viereckschante.

La fouille fine des sépultures à permis de prouver de manière formelle l’existence pour la plupart de sépultures de cercueils en bois, généralement assez larges et de grande taille constitués de planches assemblées, même si au moins une inhumation en pleine terre coexiste.

La grande majorité des sujets inhumés repose en décubitus dorsal. L’étude anthropologique, malheureusement en partie biaisée par ma mauvaise conservation des restes humains montre une répartition équilibrée entres les sexes et une forte sous-représentation des enfants si l’on tient compte des données actuelles concernant la mortalité infantile des « populations anciennes ».

Le mobilier :

Certaines caractéristiques sont propres aux deux tertres : la proportions de tombes dépourvues de mobilIer (plus de 50%) et le grand nombres de céramiques (fait intéressant, car rarement attesté dans les sépultures contemporaines d’Alsace). De même, d’une façon globale, presque toutes les tombes sont relativement pauvres dans la mesure où elles ne possèdent pas plus de deux types d’objets différents ; dans la forêt de Haguenau, les tombes hallstatiennes riches contiennent de 5 à 8 types d’objets différents. Mais l’examen du matériel métallique, révélant la présence d’objets rares prouve que cette pauvreté n’est q’apparente.

Pour le tertre 1, parmi les parures en bronze, citons des boucles d’oreilles composées de deux hémisphères accolés ornés de cercle concentriques et une fibule à navicelle à arc gravé, parmi les objets en fer, un grand rasoir en forme de croissant, 4 pointe de flèche, et surtout un poignard à antennes évoluées, dans un remarquable fourreau de filets verticaux, arme de parade signalant la tombe d’un personnage éminent. Deux paires de bracelets en lignite et un bracelet de bronze fermé, appartenant par contre à des types fréquents régionalement, complètent l’inventaire du mobilier retrouvé dans le tertre. Les comparaisons typologiques permettent de placer le tertre 1 de Riedwihr d’avantage dans l’orbite des groupes d’Allemagne du Sud-Ouest que dans celle de Haguenau.

La tombe centrale à poignard est bien datée de la fin du Hallstatt D1, vers 550 avant notre ère. La plupart des autres sépultures datées par des objets métalliques appartiennent à cette même période. Deux tombes périphériques sont datées du Hallstatt D2 (500-480), l’une par un fragment de bronze appartenant à un ressort de fibule de type arbalète, l’autre par des poteries déjà prochEs des modèles de la Tène. La durée d’utilisation du tertre est donc relativement courte (maximum 3 générations).

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